Toute personne capable de vous mettre en colère devient votre maître.

Chaque fois que vous permettez à la colère de s’immiscer dans votre esprit, vous abandonnez une part de votre pouvoir à une autre personne ou une circonstance. C’est en donnant la possibilité à autrui de stimuler en vous une réaction émotionnelle aussi puissante que la fureur, vous lui cédez implicitement un contrôle palpable sur votre bien-être psychologique. C’est là une dépendance déroutante et discrète, car celui qui suscite votre animosité devient en quelque sorte votre maître.

Le stoïcisme, loin de prôner l’indifférence émotionnelle, vous invite plutôt à la maîtrise de soi et à l’équanimité. L’émotion n’est pas l’ennemi, c’est l’absence de contrôle sur celle-ci qui est dévastatrice. Face à chaque situation potentiellement provoquant la colère, posez-vous la question de savoir si cela en vaut la peine. Est-ce que l’objet de cette colère mérite de prendre le contrôle de votre bien-être émotionnel ? Acceptez les choses comme elles viennent et libérez-vous de l’illusion que vous pouvez contrôler les actions, les pensées ou les sentiments des autres.

Considérons un exemple quotidien : vous êtes dans les embouteillages, une situation qui provoque souvent la colère. Plutôt que de vous laisser envahir par la rage, vous pouvez changer votre perspective. Comprendre que les embouteillages sont hors de votre contrôle et qu’en vous mettant en colère, vous donnez le contrôle de votre bien-être émotionnel à ces mêmes embouteillages. Détournez votre attention de la situation extérieure et concentrez-vous sur ce qui est en votre contrôle : utiliser ce temps pour écouter une musique apaisante ou un livre audio éducatif, ou simplement pour vous recentrer sur votre respiration et votre état d’esprit. C’est ainsi que vous rompez les chaînes de la colère et gardez votre pouvoir intact, insensible aux fluctuations du monde extérieur.